
L’intéressé (Joseph) manifesta son indifférence d’un haussement d’épaules et orienta sa main vers Orcus : « Bonjour, toi aussi », murmura-t-il en grattant son cou du bout des ongles. L’oiseau déplia légèrement les ailes, bec entrouvert avec plaisir sous cette caresse. Alors, le prince prit un bout de mie, comme l’avait fait Costea avant lui, et le présenta à l’animal. Une nouvelle fois ingrat, celui-ci ferma son bec dans un claquement et remua la tête.
— Sale bestiole ! grinça Joseph. C’est comme ça que tu me remercies ? C’est moi qui t’ai acheté, en plus !
— Ah ! Vous voyez bien, Sire, votre aigle est têtu !
— Penses-tu ! Il était moins difficile, avant. Tout ça, c’est parce que Victor le gave. Regarde comme il est gras, on dirait un dindon.
— Un dindon ! releva Victor. Mon aigle royal, un dindon !
— Et tu sais ce qu’on leur fait, aux dindons, maudit volatile ? On les passe à la broche ! Déplumés, dorés au four, oui ! Ah, tu ferais moins le fier, hein ? insista Joseph dans une gestuelle burlesque, un doigt réprobateur pointé vers l’objet de ses menaces.
Le souverain éclata de rire, un rire franc qui surprit Costea.