Leurs pupilles étrécies d’effroi, les fantassins de première ligne gardaient leurs yeux calés sur le cavalier qui dépiécait leurs frères d’armes avec une rage terrifiante. Fixé sur son Shire bai-brun, celui qu’ils redoutaient venait de bondir dans la mêlée.
Sous sa double lame qu’il faisait virevolter sans même perdre l’équilibre, ils étaient des pantins démembrés, éventrés, déchirés sous la harangue de ses hommes. Repus et avides à la fois, les soldats de l’Aigle exultaient à chaque ligament sectionné, à chaque os brisé, à chaque tronc emporté sous les coups de hache furieux de leur prince.
« Mais tuez-moi ce démon ! » aboya un capitaine horganthe dont le tranchant venait de traverser un chevalier de la garde royale. « Vous voyez pas qu’il est dangereux ?! Décochez ! Décochez ! » Là, le prince tendit son arme dans sa direction, plaça son autre main sur son cou et, d’un mouvement sec de gauche à droite, il lui fit comprendre que son destin était scellé. « Attends voir, monstre ! » cracha une nouvelle fois le lancier à crinière d’or en ruant son cheval vers lui. « Tu ne m’impressionnes pas, saleVala- » D’un puissant coup de hache qui lui avait fait voler la tête dans une gerbe écarlate, Joseph rompit prématurément sa verve insolente.
Puis, il releva calmement la visière de son heaume et obliqua la tête vers le cadavre qui s’effondrait sur le sol : « Tu disais… ? »
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